"Terres Traversées"
Une exposition proposée par la Galerie XII et la Galerie HEGOA dans le cadre du Festival OFF Arles.
Exposition collective avec Mélanie Challe, Sabatina Leccia, Jeanne Raingeard,
Clarisse Rebotier, Susanne Wellm et Sophie Zénon.
Galerie éphémère du 7 au 11 juillet – 30 rue des Suisses à Arles

“Les lieux que nous avons connus n’appartiennent pas
qu’au monde de l’espace où nous les situons.”
Marcel Proust
Les paysages que nous traversons ne disparaissent jamais tout à fait. Ils demeurent en nous sous forme de traces, de sensations, de réminiscences fragiles. Ils deviennent des territoires intérieurs, mouvants où mémoire, imagination et expérience sensible se confondent.
L’exposition « Terres traversées » est une vision féminine de cette relation intime entre le territoire, la mémoire et la vulnérabilité de la nature.
Elle est proposée par deux galeries gérées par des femmes qui partagent cette même vision. Elles ont réuni les œuvres de six artistes reconnues ou émergentes, que sont Sophie Zénon, Mélanie Challe, Sabatina Leccia, Susanne Wellm, Jeanne Raingeard et Clarisse Rebotier.
Certaines œuvres prennent racine dans des espaces réels, arpentés, observés, recueillis. Les formes végétales de Sophie Zénon, sublimées par le geste, comme les séries Inflorescences et Ginkgos de Mélanie Challe, ou les paysages reproduits sur plumes, feuilles ou coquillages de Clarisse Rebotier, témoignent d’une attention au vivant, à sa fragilité, la matière du monde et à ce qu’elle conserve ou qu’elle perd du temps. Le territoire y apparaît comme une surface de mémoire, marquée par les saisons, les déplacements, les persistances du vivant ou sa lente disparition.
À l’inverse, les images de Sabatina Leccia et Susanne Wellm ouvrent des espaces plus intérieurs, proches du souvenir, du rêve ou de la projection mentale. Le paysage devient alors incertain, traversé d’ombres, de silences et de présences diffuses. Ce qui est montré importe parfois moins que ce qui affleure : une sensation, une absence, une mémoire en train de se recomposer.
En contrepoint, les créations imaginaires en volume de Jeanne Raingeard introduisent une présence irréelle mais physique du vivant. Elle rappelle que, malgré les transformations, les effacements et les fragilités, quelque chose continue de croître, de circuler, de se transmettre.
Entre territoires réels et paysages imaginés, « Terres Traversées » propose une traversée sensible des lieux que nous habitons autant qu’ils nous habitent.
Présentation des artistes de la Galerie XII
SABATINA LECCIA
Sabatina Leccia (France, 1984) vit et travaille à Montreuil. Formée en Histoire et Archéologie à Paris puis diplômée du Master Textile Futures de Central Saint Martins à Londres en 2012, elle débute comme brodeuse pour la haute couture, une expérience déterminante dans son rapport au geste et à la matière.
Depuis 2015, elle développe une pratique pluridisciplinaire où dessin, photographie et broderie se répondent. À l’aide de son aiguille, elle perce papiers et tirages photographiques pour en révéler des détails et faire émerger des images sensibles, entre présence et effacement. Son travail, à la fois minutieux et poétique, construit des paysages intérieurs où le réel se transforme en espace de rêverie. À la frontière de l’art et de l’artisanat, elle collabore avec de nombreuses institutions et associations.
Lauréate de la Bourse Transverse 2022 aux côtés de la photographe Clara Chichin, elle développe avec elle le projet Le Bruissement entre les murs, présenté notamment lors de la Biennale de l’Image Tangible 2023. En 2024, elle présente sa série Traverser la nuit à l’Université Rennes II et intègre la résidence Excellence des métiers d’art en partenariat avec le Musée Nicéphore Niépce. Son travail a récemment été montré dans des institutions telles que le Centre d’art et images de Campredon et le FRAC Corsica.s projets artistiques.
SUSANNE WELLM
Susanne Wellm (Danemark, 1965) fait de la photographie son médium principal. Diplômée de l’Académie royale danoise d’architecture, de design et de conservation en 1995, elle explore depuis de nombreuses années les possibilités offertes par les techniques photographiques analogiques et numériques, souvent combinées au sein d’un même processus de création. Ses recherches récentes associent photographie et tissage, enrichissant l’image de nouvelles dimensions tactiles, de profondeur et de complexité visuelle.
Au cœur de sa démarche se trouvent les notions de temps, de mémoire et de récit. À partir d’archives familiales, de photogrammes de films et de ses propres images, Susanne Wellm tisse des liens entre histoires intimes et mémoire collective, interrogeant les traces laissées par les bouleversements de l’Europe moderne. Par le collage et le montage, elle compose des espaces visuels poétiques où se mêlent réalité et fiction, passé et présent, immobilité et mouvement. Ses œuvres, ouvertes et suggestives, invitent à réfléchir aux relations qui unissent les individus à leur histoire, à leur mémoire et au monde qui les entoure.
Le travail de Susanne Wellm est largement exposé, aux niveaux national et international. Ses œuvres sont représentées dans plusieurs collections importantes, parmi lesquelles la Danish Arts Foundation, la New Carlsberg Foundation, la Royal Library’s National Photo Collection, l’Art Museum Brandts, le Vejle Art Museum, le Portland Art, le Musée des Arts Photographiques Kiyosato.
SOPHIE ZÉNON
Sophie Zénon (France, 1965) articule son oeuvre autour de thèmes récurrents – la mémoire, l’histoire, la perte, le passage du temps – et crée des ponts entre histoire intime et patrimoniale, où le présent est un réceptacle de temps et d’histoires accumulées qu’elle cristallise par la trace, la métaphore et le merveilleux.
Photographies, archives réactivées, livres d’artiste, vidéos, installations, mais aussi gravures sur verre, monotypes, estampages tissés et modelés… Son oeuvre se déploie en une narration polyphonique, révélant la place importante que l’artiste accorde à l’expérimentation, à la matérialité et à l’hybridation des médiums. De sa pratique naissent des oeuvres organiques, vibrantes et poétiques, guidées par les notions de fragilité, d’impermanence et de souffle de vie. Depuis l’an 2000, ses oeuvres sont exposées en Europe et à l’international dans des lieux prestigieux (Palais de Tokyo, BNF, Mobilier national, galerie Thessa Herold, Fondation Pierre Bergé / YSL, Fondation Fernet-Branca, Fondation François Schneider, Le Houston Center for Photography) et ont intégré des collections publiques et de nombreuses collections privées. Sophie Zénon a obtenu plusieurs reconnaissances dont le soutien à la création de la Fondation des Artistes (2022), le Prix Eurazeo (2019), le prix de la Fondation des Treilles
(2015), le prix Kodak de la Critique (1999) et a été finaliste en 2023 de la Villa Kujoyama. Valorisant par ailleurs les métiers d’art depuis plus de vingt ans, Sophie Zénon a été nommée en février 2024 lauréate de la commande du Ministère de la Culture portant sur les 30 ans du dispositif maîtres d’art / élèves pour un projet plastique autour du geste et des savoir-faire qu’elle réalisera avec des procédés anténumériques

