Laetitia Lesaffre, artiste plasticienne, peintre laqueur et photographe
Laetitia Lesaffre est artiste plasticienne – peintre laqueur et photographe. Son travail explore le reflet. Elle photographie ses sujets en reflet dans ses laques. Dans la droite ligne du courant pictorialiste, elle cherche à dissoudre la frontière entre peinture et photographie.
Le temps est suspendu, tel une image surgie d’un rêve et dont on ne se rappelle ni l’endroit, ni l’époque à laquelle elle appartient. Le miroir, symbole de la pureté de l’âme au Japon, incite à souvent à l’introspection. Au travers de l’effet miroir, le modèle émerge de l’obscurité, se perçoit, se voir regardé et regardant… L’image qu’il offre ne sera plus vraiment la sienne : déclenchée au moment où il laisse dériver ses pensées, et déformée parce reflet si particulier, l’image qui reste est une esquisse, une impression, qui se veut être la plus juste possible.
Entre composition et spontanéité, entre méditation et action immédiate, l’artiste cherche à saisir ce moment où le sujet échappe à son image et donne ainsi à voir une autre interprétation du corps, du portrait, de l’essence même du sujet.
‘Le grain, le flou du tableau rendent au sujet son intimité. Mes photographies en deviennent impressionnistes, elles délaissent le trait pour ne garder que l’essence du sujet.’ Laetitia Lesaffre
Laetitia Lesaffre est aussi et surtout une artiste engagée qui accompagne par son art les êtres sur le chemin de la résilience, qu’il s’agisse d’enfants en exil ou de femmes victimes de violence.
Son dernier projet « Kintsugi, reflets de femmes« met en lumière le lent processus de résilience des femmes victimes de violence. Dans l’intimité de son atelier, Laetitia Lesaffre accueille les femmes qui deviennent ses modèles. Se réconciliant avec leur reflet dans la laque, elles participent à la démarche du rendu flouté qui illustre leur lutte sans dévoiler leur identité.
Ensuite, le tirage est reproduit sur céramique brisée ou sur papier japonais déchiré, symboles de leurs blessures.
La technique du Kintsugi à la feuille d’or vient en réparation de leur image, comme leur lent processus de reconstruction.
Cette série a été dévoilée au Tribunal de Grande Instance de Pontoise pendant le « Grenelle des violences faites aux femmes ». Elle a ensuite été présentée à Elisabeth Moreno au Ministère de la santé et exposée en novembre 2021 au Ministère des Finances à Bercy, au Tribunal de Grande Instance de Versailles en novembre 2022, au Tribunal judiciaire d’Evry en janvier 2023, dans la galerie de la Sainte Chapelle au Tribunal de grande instance de Paris en mars 2023. La série a parcouru les institutions judiciaires des Hauts de France jusqu’en mai 2023. Elle sera à nouveau exposée au Ministère de la Justice du 4 au 12 novembre 2024 dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes.
La série continue aujourd’hui en partenariat avec des associations de femmes victimes de violence et de protection de l’enfance.