CLARISSE REBOTIER

Clarisse Rebotier, une artiste pluridisciplinaire qui nous offre une vision d’un monde à la fois poétique, ludique et engagé

Au contact d’un grand-père qui lisait et calligraphiait l’arabe (et l’hébreu), Clarisse Rebotier a longtemps cru, enfant, qu’elle était arabe. C’est une révolution identitaire lorsqu’elle comprend qu’en réalité elle est la petite-fille d’un Français né en Tunisie.
Ce bouleversement l’amène, depuis, à faire table rase des préjugés pour s’intéresser de façon concrète à l’humanité et à la compréhension de l’autre. D’abord en menant des études universitaires en langues, littérature et philosophie.

Puis, dans l’exercice de l’écriture et de la mise en scène théâtrale pendant cinq années passées à Tunis, qui forgent sa détermination à interroger ce qui construit l’individu. Depuis lors, elle se consacre entièrement à la photographie plasticienne et documentaire, et travaille sur des sujets mettant en lumière l’identité avant tout.

À l’occasion de son exposition « Hic et Nunc » au Musée de l’Homme dans le cadre des 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, Brigitte Trichet l’a interrogée. Clarisse Rebotier lui explique alors comment l’effet de surprise et le décalage sont parmi les principaux mécanismes qu’elle utilise pour créer un nouveau point de vue sur le vivant et nous confronter à ce qui, en nous, constitue la condition humaine.

Ainsi en est-il de ces séries « Animétro » et « Urbanimaux », qui mettent en scène des animaux sauvages dans des espaces urbains, et surtout sa série « 2054 », dont les rats sont les protagonistes. Remplaçant les hommes, ils composent notamment une reconstitution singulière et déroutante du Radeau de La Méduse. Cette série fait partie d’un plus large travail entrepris depuis plusieurs années au sein du service de taxidermie du Muséum national d’Histoire naturelle.

Elle associe volontiers photographie et taxidermie : deux arts, deux artisanats, qui partagent la volonté de rendre compte du vivant par la création d’images fixes. Son approche artistique est influencée par la science, sa pratique de la taxidermie et son travail de photojournaliste scientifique : elle observe l’humain (corps, matière, pensée, vivre ensemble) au travers des liens entre individu et environnement, entre singularité et diversité humaine.

Spécialiste de l’œuvre de Georges Perec et de Raymond Queneau, elle aime jouer avec la forme.
Elle choisit souvent de travailler avec des contraintes préalables à la création : listes, répétitions, épuisement du sujet.

Elle puise les liens que tissent le corps et les espaces dans le théâtre : Samuel Becket, Jean Genet ou Wadji Mouawad.
Clarisse Rebotier est membre de l’Association des journalistes scientifiques de la presse d’information (AJSPI).

La galerie HEGOA accompagne Clarisse Rebotier dans ses projets, à travers des expositions en galerie  comme « Instant Sex Food », sa présence en festival (Emoi Photographique à Angoulême), au Musée de l’Homme pour l’exposition « Hic et Nunc » pour célébrer les 70 ans de la Déclaration des droits de l’homme ou en partenariat avec les éditions HEMERIA à Arles et pour la présentation officielle de sa série « 2054 » à PARIS PHOTO.

Les photographies de Clarisse Rebotier nous interpellent car elle sont toujours intimement liées au mouvement, car « Vivre, c’est passer d’un espace à un autre, en essayant le plus possible de ne pas se cogner ». (Georges Perec)

Série Instant Sex Food
Série Instant Sex Food
Série Instant Sex Food
Série "Plumes"
Série "Plumes"
Série "Plumes"
Série 2054
Série 2054
Série 2054